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Le fil des générations

Le syndrome d’anniversaire : une piste de lecture à utiliser en séance

C’est la notion la plus célèbre de la psychogénéalogie. Une coïncidence de dates peut ouvrir une conversation précieuse : voici comment la repérer et la travailler.

Hélène Marchais, formatrice12 octobre 2026Lecture : 3 min

Montre de poche ancienne en or avec sa chaîne, posée sur un fond brun clair

Une femme découvre, en dessinant son arbre, que sa grand-mère maternelle est morte à 38 ans et que sa propre mère a traversé une grave dépression à 38 ans. Elle en a 37. La suite de la séance dépend de la manière dont le praticien accueille cette découverte. S’il dit « c’est le syndrome d’anniversaire », il vient de lui donner une raison d’avoir peur pendant un an. S’il demande « qu’est-ce que cet âge représente pour vous ? », il vient d’ouvrir un travail.

Qu’est-ce que le syndrome d’anniversaire ?

C’est l’observation que certains événements semblent se reproduire dans une famille à des dates ou à des âges qui font écho à un événement antérieur, souvent un décès ou un traumatisme. La notion a été popularisée par Anne Ancelin Schützenberger.

On parle de syndrome d’anniversaire au sens strict quand la coïncidence porte sur la date du calendrier : un accident le jour anniversaire d’un décès. Au sens large, elle porte sur l’âge : une rupture au même âge qu’un parent, un départ du foyer au même âge qu’un grand-père parti à la guerre. Le cursus l’aborde au module 3, en même temps que la construction de l’arbre, ce qui est logique : c’est en dessinant qu’on les remarque.

Pourquoi les coïncidences sont-elles si fréquentes ?

Parce qu’un arbre de quatre générations contient des centaines de dates, et que des coïncidences apparaissent presque mécaniquement dans un ensemble aussi vaste, comme dans le paradoxe des anniversaires.

Ce résultat de probabilités est bien établi : dans un groupe de 23 personnes, il y a déjà plus d’une chance sur deux que deux d’entre elles soient nées le même jour de l’année. Appliquez ce raisonnement à un arbre : une trentaine de personnes, chacune avec une date de naissance, parfois de mariage, de décès, de naissance des enfants, de déménagement. Et on accepte « à quelques jours près », « la même saison », « le même âge à un an près ». Avec autant de façons de tomber juste, les coïncidences abondent.

C’est une raison de plus de les travailler avec méthode : un praticien qui sait cela peut en faire un bon outil, plutôt qu’une certitude. Il note aussi ce qui ne coïncide pas, par exemple l’oncle Paul qui n’est pas mort au même âge que son père, pour garder le tableau complet.

Comment utiliser la notion à bon escient ?

Comme un excellent outil de questionnement : la coïncidence ouvre la conversation, la personne dit ce qu’elle représente pour elle.

Ce qui compte n’est pas que deux dates coïncident, mais ce que la personne en fait. Certains âges sont chargés pour elle, parce qu’elle sait, plus ou moins consciemment, qu’un parent a vécu quelque chose de lourd au même moment. Cette charge est réelle et mérite d’être parlée. La coïncidence est une porte d’entrée vers ce que la personne porte, pas une explication de ce qui lui arrive.

Cinq règles de séance

  1. Laisser la personne la trouver. Si vous la montrez, vous l’imposez.
  2. Poser une question, pas un diagnostic. « Qu’est-ce que cet âge évoque pour vous ? » plutôt que « vous répétez votre grand-mère ».
  3. Ne jamais prédire. Annoncer à quelqu’un un risque à tel âge parce qu’un ancêtre l’a vécu crée une inquiétude sans fondement.
  4. Ne jamais relier une coïncidence à une maladie. Le sujet de la santé relève du médecin ; votre rôle porte sur l’histoire familiale.
  5. Noter aussi ce qui ne coïncide pas. C’est la meilleure façon de garder une vue d’ensemble.

La femme de 37 ans n’a pas besoin qu’on lui confirme une malédiction. Elle a besoin de parler de sa grand-mère, qu’elle n’a pas connue, et de sa mère, qui ne lui en a jamais parlé. C’est ce travail que permet la psychogénéalogie quand elle est bien menée.

Et si la personne y croit fermement ?

Cela arrive, surtout quand elle a lu sur le sujet avant de venir. Inutile de la contredire de front : demandez-lui ce qu’elle craint précisément, et depuis quand. Puis regardez ensemble le reste de l’arbre, notamment les personnes qui ont passé cet âge sans encombre et celles dont on ne sait rien. Le plus souvent, la peur se déplace d’elle-même vers ce qui la nourrit vraiment.

Le module 3 vous entraîne à ce geste, et l’article géno-sociogramme vous aide à poser la grille des âges sur votre arbre : c’est la fiche 3 de l’aperçu de la formation.

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Du premier trait de crayon à la dernière séance, le cursus avance par étapes : le géno-sociogramme d’abord, puis les secrets, les loyautés et le poids d’un prénom, enfin la conduite d’un entretien. Vous gardez vos supports et vous avancez à votre rythme.

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