Aller au contenu
J’ouvre mon dossier

Le fil des générations

Le géno-sociogramme : construire le vôtre, symbole par symbole

L’arbre de la psychogénéalogie ne ressemble pas à celui d’un logiciel de généalogie : il porte des événements et des liens, et il garde la place des silences. Voici comment le dessiner.

Hélène Marchais, formatrice12 octobre 2026Lecture : 3 min

Ancienne carte du monde gravée aux teintes pâles

Le premier géno-sociogramme qu’on dessine est presque toujours trop petit : il manque de place pour la fratrie du grand-père paternel. Le deuxième est meilleur. Le troisième, on le garde. Ce qui suit vous fait gagner au moins un brouillon.

Qu’est-ce qu’un géno-sociogramme ?

C’est un arbre généalogique sur lequel on ajoute, pour chaque personne, les événements marquants de sa vie et leur contexte, ainsi que les liens affectifs entre les membres de la famille. Le terme est associé à Anne Ancelin Schützenberger.

Un arbre classique répond à la question « qui descend de qui ? ». Le géno-sociogramme ajoute : qui a vécu quoi, à quel âge, où, dans quelle époque, et avec qui il était brouillé. Il emprunte au génogramme des thérapeutes familiaux ses conventions graphiques, et au sociogramme l’idée de représenter les relations.

Quels symboles utiliser ?

Un carré pour un homme, un cercle pour une femme, une croix dans la forme pour un décès, et des lignes de types différents pour les unions et les relations. L’essentiel est de garder les mêmes conventions d’un bout à l’autre de l’arbre.

HommeFemmePersonne décédéeSexe non connuPersonne-repèreMariageDivorceUnion libreJumeauxAdoptionConflitRelation fusionnelleRuptureGrossesse interrompueMême foyer
Les conventions les plus courantes du génogramme. Le module 3 présente les siennes ; elles peuvent différer dans le détail.

Quelques précisions que la légende ne dit pas. On place l’homme à gauche et la femme à droite dans un couple, par convention. Les enfants se rangent de gauche à droite par ordre de naissance. Une union successive se dessine sur la même ligne, en éloignant le deuxième conjoint. Et on entoure d’un double trait la personne pour qui l’arbre est construit, la personne-repère.

Que noter pour chaque personne ?

La fiche d’une personne sur le géno-sociogramme
InformationPourquoi elle compte
Prénoms complets, dans l’ordreLes prénoms transmis, ou portés après un décès, comptent parmi les pistes les plus parlantes (module 7).
Dates de naissance, d’union, de décèsElles permettent de calculer les âges aux grands événements. Notez la source, et marquez les dates approximatives.
LieuxExils, déménagements, passage de la campagne à la ville : la géographie raconte beaucoup.
MétiersPour repérer les trajectoires sociales, et la névrose de classe quand elle existe.
Causes de décès connuesSurtout les morts précoces et violentes. Si la cause est tue, notez-le : le silence est une information.
Enfants morts jeunes, grossesses interrompuesSouvent absents des récits et très présents dans les arbres.
Événements historiques traversésGuerres, occupations, déportations, migrations : la grande histoire dans la petite (module 6).
RelationsBrouilles, ruptures, alliances, enfant préféré, à tracer avec les lignes relationnelles.

Dans quel ordre travailler ?

Commencez par vous, en bas de la feuille, puis montez. Une grande feuille au format A3, posée à l’horizontale, convient pour trois générations ; pour quatre, scotchez-en deux. Le crayon à papier sera votre meilleur outil pendant des semaines : vous allez gommer beaucoup.

  1. Dessinez la structure : les formes et les lignes de filiation, sur trois ou quatre générations, sans aucune date.
  2. Ajoutez les prénoms et les dates que vous connaissez de mémoire, avec un point d’interrogation pour les doutes.
  3. Complétez avec les papiers de famille puis l’état civil (voir faire son arbre psychogénéalogique).
  4. Ajoutez les lieux, les métiers et les événements.
  5. Tracez les relations en dernier, d’une autre couleur : ce sont les informations les plus subjectives.

Ce n’est qu’ensuite qu’on regarde. Pas pendant.

Les erreurs à éviter

  • Interpréter en cours de route. Deux décès un 14 mars à quarante ans d’écart ? Notez-le dans la marge et continuez à dessiner (voir syndrome d’anniversaire).
  • Oublier les fratries. C’est souvent là que se trouvent l’enfant disparu, l’oncle parti, la tante dont on ne parle pas.
  • Oublier les vivants. Vos frères, vos cousins, vos enfants ont leur place, avec leurs dates et leurs choix.
  • Vouloir tout remplir. Une case vide est souvent la plus intéressante de l’arbre, à condition de se demander pourquoi elle l’est.

Papier ou logiciel ?

Les deux, à des moments différents. Un logiciel de généalogie est imbattable pour stocker les actes et les sources. Pour le géno-sociogramme lui-même, le papier oblige à choisir ce qu’on fait figurer et se pose sur une table entre deux personnes. Si vous utilisez un logiciel de génogramme, imprimez l’arbre pour les séances.

La construction du géno-sociogramme est le cœur du module 3 : entre la théorie du module 2 et les grilles de lecture des modules suivants, c’est l’étape où tout devient concret.

À lire ensuite

Grand arbre isolé dans un champ embrumé, au lever du soleil

Votre dossier de famille vous attend

Dix modules pour apprendre à lire un arbre, à commencer par le vôtre.

Du premier trait de crayon à la dernière séance, le cursus avance par étapes : le géno-sociogramme d’abord, puis les secrets, les loyautés et le poids d’un prénom, enfin la conduite d’un entretien. Vous gardez vos supports et vous avancez à votre rythme.

Voir l’aperçu du contenu

87,60 €ou 3 × 29,20 €

J’ouvre mon dossier

Garantie 30 jours · lien partenaire