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Le fil des générations

Faire son arbre psychogénéalogique : par où commencer

Avant d’interpréter quoi que ce soit, il faut des faits : des noms, des dates, des lieux. Voici l’ordre dans lequel les rassembler, et les sources gratuites qui suffisent le plus souvent.

Hélène Marchais, formatrice12 octobre 2026Lecture : 4 min

Feuille de papier crème sur laquelle un schéma de famille est dessiné au crayon, à côté d’un casque audio bleu, d’une tasse et d’une gomme

On imagine souvent que l’arbre psychogénéalogique commence aux archives. Il commence à la table de la cuisine, avec une feuille blanche et ce que vous savez déjà. Vous serez surpris de ce que vous savez, et plus encore de ce que vous ne savez pas : le prénom de votre arrière-grand-mère maternelle, par exemple, que beaucoup découvrent n’avoir jamais entendu.

Par où commencer son arbre psychogénéalogique ?

Par vous, de mémoire, sur trois générations. Notez tout ce que vous savez sans rien vérifier, avec un point d’interrogation pour chaque doute. Ce premier jet montre où sont les trous, donc où chercher.

C’est aussi une information en soi. Une branche entière dont vous ne savez rien, alors que l’autre est connue jusqu’aux arrière-grands-parents, dit quelque chose de la manière dont votre famille se raconte. Ne la comblez pas trop vite : notez d’abord qu’elle était vide. C’est exactement l’exercice du module 3.

Les sources, dans l’ordre

Les papiers de famille

Le livret de famille d’abord, puis tout ce qui dort dans les tiroirs : faire-part, cartes de souvenir mortuaire, lettres, livrets militaires, actes notariés. Retournez les photos : les dos portent souvent un prénom, un lieu, une date.

Les anciens de la famille

Interrogez-les tôt, tant qu’ils sont là. Posez des questions ouvertes, sur des lieux et des objets plutôt que sur des secrets : « où habitaient tes grands-parents ? », « qui est sur cette photo ? ». Avec leur accord, enregistrez : les détails qui semblent anodins deviennent précieux six mois plus tard.

L’état civil récent

Les actes de naissance et de mariage de moins de 75 ans ne sont pas librement communicables : en copie intégrale, ils sont délivrés notamment à la personne elle-même, à ses ascendants, à ses descendants et à son conjoint. Les actes de décès, eux, sont communicables à tous. La demande se fait auprès de la mairie du lieu de l’acte, et du service central d’état civil, à Nantes, pour les Français nés à l’étranger.

Les archives départementales

Au-delà de 75 ans, les registres de naissance et de mariage deviennent librement communicables (article L213-2 du code du patrimoine). La plupart des services d’archives départementales ont mis en ligne l’état civil ancien et les registres paroissiaux, gratuitement. Selon les départements, vous y trouverez aussi les recensements de population et les registres matricules du recrutement militaire.

Les registres matricules

Pour les hommes, la fiche matricule donne une description physique, les adresses successives, le parcours militaire, les blessures et parfois les condamnations. Pour la génération de la Grande Guerre, c’est souvent la source la plus riche et la plus surprenante au regard des récits familiaux.

Et les arbres déjà publiés en ligne ?

Les sites de généalogie collaboratifs font gagner un temps précieux sur les branches anciennes : quelqu’un a souvent déjà relevé vos ancêtres du XVIIIe siècle. Servez-vous-en comme d’une piste, puis vérifiez chaque information importante sur l’acte original. Les erreurs se recopient d’arbre en arbre, et la confirmation par vingt sources qui se sont copiées entre elles ne prouve rien.

Arbre généalogique et psychologie : que noter en plus ?

Tout ce qui fait d’un arbre une histoire : lieux, métiers, causes de décès quand on les connaît, enfants morts jeunes, ruptures, déménagements et événements historiques traversés.

Un arbre de généalogiste peut s’arrêter aux dates. Le vôtre va plus loin. Le détail de ce qu’il faut y faire figurer, avec la légende des symboles, est dans l’article géno-sociogramme. Retenez une règle : notez la source de chaque information, même d’un mot (« acte », « tante Odile », « supposé »). Dans trois mois, vous saurez encore ce qui vient d’un document et ce qui vient d’un souvenir.

Les pièges les plus courants

  • Les homonymes. Deux Jean Martin nés dans le même village à trois ans d’écart, c’est banal : vérifiez les parents avant de rattacher un acte.
  • Les dates approximatives. Les âges déclarés dans les actes anciens sont souvent arrondis.
  • La chasse au secret. Rassemblez les faits sans hypothèse : si un silence existe, il apparaîtra de lui-même, comme l’explique l’article secrets de famille.
  • Les vivants. Votre arbre contient des informations sur des personnes vivantes : gardez-le pour vous, ou partagez-le avec discernement, jamais en ligne sans leur accord.

Combien de temps prévoir ?

Pour trois générations bien documentées, quelques semaines à raison de quelques heures par semaine. Pour quatre, plusieurs mois, surtout si une branche vient d’une autre région ou d’un autre pays. Ce temps n’est pas perdu : c’est pendant la recherche que se font les premières découvertes.

Dans le cursus, la construction de l’arbre occupe le module 3, après deux modules de bases. Lancer vos recherches dès le début de la formation vous donne des faits à dessiner quand vous y arrivez.

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Du premier trait de crayon à la dernière séance, le cursus avance par étapes : le géno-sociogramme d’abord, puis les secrets, les loyautés et le poids d’un prénom, enfin la conduite d’un entretien. Vous gardez vos supports et vous avancez à votre rythme.

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